27 mars 2013 Archives | FN 17 Federation Front National de Charente-Maritime

Gael Nofri 200x300 Ce sont les Corses qui sauveront la CorseLibres propos de Gaël Nofri, président du club de réflexion « Le Temps de La France »

La République a ses traditions.

Quelque soit le président en place, on sait qu’il défilera le 14 juillet ; le Premier ministre se pliera lui, avec plus ou moins de talent, à une déclaration de politique générale ; les députés, chaque mardi et mercredi, pousseront des cris de vierges effarouchées au cœur d’un hémicycle étonnement plein pour l’occasion, dans l’espoir que les caméras s’arrêtent un instant sur eux… Mais il est une autre tradition non-écrite qui anime nos institutions et que l’on ne peut passer sous silence : chaque ministre de l’Intérieur se doit de déclarer, sur un ton énergique et plein d’un volontarisme empreint de gravité, qu’il entend s’attaquer à régler « Le Problème corse ».

Cela nous amène à aborder une autre spécificité de la République : outre ses traditions elle a aussi son langage propre. Car finalement que signifie résoudre « Le problème corse » ? Pour nous, vulgum pecus, citoyens appelés à voter mais non-initiés aux mystères de la langue des sachants parisiens, cela semble témoigner d’une volonté ferme manifestée par nos dirigeants de mettre un terme aux maux qui gangrènent aujourd’hui l’île : chômage -chômage de la jeunesse-, faillite du système éducatif, immigration incontrôlée, surendettement, développement de la drogue et de l’alcool, crise de l’agriculture et du monde rural, vieillissement de la population… sans oublier évidemment le premier et le plus grave des fléaux de l’île, la violence. A moins que ce ne soit la prise à bras le corps d’une problématique plus spécifique à la Corse et à son territoire insulaire : le désenclavemenent et la mise en place d’une véritable politique de continuité territoriale ?

Non, non, décidément non, il n’est évidemment pas question de cela ici.

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Le fameux « Problème corse », c’est une hydre, un monstre, un mythe : c’est la question du devenir de l’île sans cesse pausée, c’est l’enjeu de réformes institutionnelles jamais réglées. Une sorte de fuite en avant vers un on ne sait quoi qui ne présage finalement rien de bon.

Chaque Ministre de l’Intérieur a donc son plan pour la Corse et manuel Valls ne fait évidemment pas exception à la règle ainsi posée : à peine arrivé aux affaires il s’est empressé de nommer une « Commission Chaubon ». Après le « Plan Poniatowski », le « Statut Joxe », les « Accords Matignon » et la tentative, rejetée par les insulaires, de « Réorganisation Sarkozy », voici donc une énième solution miracle.

Une fois encore, on va donc tout changer pour que rien ne change. Une fois encore, on va modifier l’appellation des élus locaux, leur mode d’élection, leur assise territoriale, l’organisation de leur travail… transférer aussi de nouvelles compétences… et puis prier, dévotement, pour que les choses n’empirent pas trop dans les temps à venir. Évidemment, ne les prenons pas pour ce qu’ils ne sont pas, nos gouvernants savent très bien que cet exercice de pure forme, destiné à faire oublier les drames qui se jouent au fond, ne réglera rien. Mais après tout, si les Ministres d’aujourd’hui avaient vocation à régler les problèmes de toujours, à quoi serviraient les Ministres de demain ?

C’est là qu’il convient d’aborder une troisième particularité de notre République : elle ne s’aime pas. Pire, ce manque d’amour propre, ce manque de confiance en soi se traduit dans les faits par une propension naturelle aux comportements autodestructeurs. Les exemples ne manquent pas en la matière : la Nation qui s’abandonne entre les griffes de l’Union Européenne, allant jusqu’à lui demander de lui imposer règlements, normes et, le cas échéant, sanctions. De même d’ailleurs que l’on pourrait citer la création quasi-frénétique de « Hautes Autorités Indépendantes » (avec des majuscules tout-plein afin de leur conférer la respectabilité et la légitimité qui leur font défauts) ; des entités créées par l’Etat afin d’être indépendantes de lui-même. Comme si l’Etat se méfiait de lui, comme s’il était le premier en France à ne plus croire en lui… sait-on jamais, si la République se mettait à servir la Chose publique, il convient tout de même de disposer quelques entraves à ce genre de dérives !

L’affaire n’est, hélas, pas bien différente en Corse. L’Etat délègue, de façon régulière et constante, compétences, pouvoirs et capacités d’action aux élus locaux insulaires avec une sorte de joie morbide qui laisse imaginer l’inconscience de ce système auteur de sa propre tragédie. Bien sûr, les choses sont faites avec les formes et la manière. On ne vous dira pas de but-en-blanc, « La République se tire ! » ; mais c’est pourtant ce qu’il faut comprendre lorsque ils parlent avec un air convenu de « nouvelles étapes pour réussir, dans l’île, la décentralisation » -toujours ce jargon propre à nos gouvernants. On a d’ailleurs du mal à concevoir comment le remède à l’échec d’une saine décentralisation pourrait être une capitulation sans condition de l’Etat, un renoncement à défendre le bien public, un abandon de la République entre les mains d’une classe politique insulaire dévoyée.

Oui, il y a des problèmes en Corse, comme partout sur le territoire national, à des degrés divers. Ceux-ci sont économiques, financiers, sécuritaires, sociaux, humains, éducatifs, environnementaux, agricoles… ils sont les vrais maux dont souffrent les insulaires, les vrais freins aux développements de l’île.

Alors, à côté des vraies difficultés, il est probable qu’il existe « Le Problème corse ». Mais il est aussi probable que celui-ci ne soit pas là où on le croit : c’est sans doute le renoncement de l’Etat à être, c’est peut-être le refus des gouvernements successifs d’écouter la voix des Corses, c’est probablement cette succession ridicule de statuts venus conforter, renforcer et légitimer une classe politique locale étrangère au bien public, à bout de souffle et malade de ses vices.

Ce ne sont pas les caciques et les barons locaux, confiscateurs de la démocratie véritable, qui aideront l’île à sortir de la spirale dans laquelle elle est engouffrée, dans laquelle ils ont largement contribué à l’enfermer.

Ceux sont les Corses qui sauveront la Corse, et eux seuls. Cela, non pas tant parce qu’ils en résoudront tous les problèmes, mais parce qu’ils poseront réellement les questions qui doivent l’être.

Alors, bien sûr, tout ne sera pas réglé, mais l’espoir de solutions adaptées renaitra sans doute…

Source de l’article: http://www.nationspresse.info/ce-sont-les-corses-qui-sauveront-la-corse/

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