2013 Archives – 217/440 – FN 17 Fédération Front National de Charente-Maritime

Après la « faille » dans la surveillance de Mohamed Merah, admise par Manuel Valls lui-même, les services de renseignements français sont à nouveau sur le banc des accusés. Comme l’a révélé « Le Monde », le jeune homme converti à l’islam qui a reconnu être l’auteur de l’agression d’un militaire à La Défense était, lui aussi, connu des services. Mais les français ne sont pas les seuls à être mis en cause. Peu après l’attentat du marathon du Boston mi-avril, on a su que l’aîné des frères Tsarnaev, Tamerlan, était connu du FBI. A l’instar de Michael Adebolajo, auteur de l’assassinat d’un soldat fin mai à Londres et… connu du MI5.

Ont-ils tous agi en « loups solitaires », hantise des services qui ont beaucoup plus de mal à les détecter ? Dans « Libération« , le juge antiterroriste Marc Trévidic explique que les services français, américains et britanniques « savent lutter contre des organisations ayant une stratégie politique ou un projet terroriste mais pas contre ces actes commis par des gens isolés qui relèvent du pulsionnel, du pétage de plomb, de jeunes radicalisés via internet« .

Alors que le ministre de l’Intérieur vient de rappeler que la surveillance en ligne devait justement être prioritaire, retour sur quatre drames à la suite desquels les renseignements ont été mis en cause.

25 mai 2013 : agression d’un militaire à La Défense

Le procureur de Paris François Molins est formel : Alexandre D., 22 ans, qui a reconnu avoir agressé à l’arme blanche un militaire en mission Vigipirate le 25 mai à La Défense, n’était pas connu des services de renseignements. Les enquêteurs disposaient à son sujet d’un seul contrôle, lors d’une prière de rue en 2009. Mais « Le Monde » assure au contraire qu’il était identifié des services comme faisant partie de la mouvance islamiste « depuis plusieurs années ». Et qu’il a fait l’objet d’une note adressée à la DCRI, le 20 février dernier. Il n’était toutefois pas considéré comme présentant un profil djihadiste ou radical.

Au-delà de cette prière de rue, il avait refusé en 2011 un emploi le mettant au contact de femmes, avait été contrôlé un an plus tard pour un « comportement suspect » et son « refus d’attendre le bus en compagnie de femmes » et avait confié à une personne de la mission locale à laquelle il était rattaché qu’il souhaitait suivre une formation religieuse à l’étranger : c’est ce qu’a indiqué la DGPN (Direction générale de la police nationale) dans un communiqué.

Selon la direction de la police, ces éléments ne comportaient « pas d’éléments tangibles » justifiant « le basculement du suivi vers la DCRI ». Pourquoi ? « La mission prioritaire en matière terroriste est le suivi des islamistes djihadistes soutenant le recours à la violence, se reconnaissant dans la mouvance djihadiste incarnée par Al-Qaïda, actifs dans le domaine du cyberdjihadisme ou s’inscrivant dans les filières de combat à l’étranger » répond la DGPN.

22 mai 2013 : assassinat d’un soldat à Londres

Deux jours après l’assassinat d’une extrême violence dont a été victime le soldat en civil Lee Rigby à Londres mercredi 22 mai, les autorités britanniques n’ont pas démenti les informations selon lesquelles l’auteur et son complice étaient dans le radar de la police et des services du renseignement intérieur (MI5) depuis huit ans. Le gouvernement a promis une enquête parlementaire pour déterminer s’il y a eu faille et pourquoi.

Michael Adebolajo, 28 ans, et Michael Adebowale, 22 ans, sont des militants de la cause radicale islamiste. Selon le « Daily Telegraph », Michael Adebolajo avait été arrêté en 2006 à Londres lors d’échauffourées opposant extrémistes musulmans et policiers. Le « Times » indique qu’il avait également été interpellé alors qu’il tentait de se rendre en Somalie pour rejoindre les insurgés islamistes shebab. Il aurait aussi fréquenté l’organisation islamiste Al-Mouhajiroun, selon les déclarations à l’AFP d’Anjem Choudary, ancien chef de ce mouvement extrémiste. Le MI5 a-t-il par ailleurs tenté de recruter Michael Adebolajo ? C’est ce qu’a affirmé un des ses amis à la « BBC. »

15 avril 2013 : attentat du marathon de Boston

Peu de temps après l’attentat du marathon de Boston qui a fait le 15 avril trois morts et plus de 200 blessés, Reuters a révélé que l’aîné des frères Tsarnaev, 26 ans, était connu des services américains. A la suite d’un renseignement russe selon lequel il était devenu partisan d’un islamisme radical, le FBI l’avait interrogé en 2011.

Selon Reuters, des informations le concernant avaient ensuite été inscrites au TIDE (Terrorist identities datamart environment), une base de données du Centre national de l’antiterrorisme (NCTC). Selon les mêmes sources, toutefois, le fait d’être inscrit sur cette liste de plus de 500.000 noms n’implique pas de surveillance automatique. La police n’avait pas alors d’éléments lui permettant de considérer Tamerlan Tsarnaev comme représentant une « menace active ». Il n’était pas inscrit sur les listes d’interdiction de vols. Il s’est rendu en Russie en 2012, un voyage repéré par le Département de sécurité intérieure (DHS), dont le FBI n’a pas eu connaissance. Son retour aux Etats-Unis n’a pas non plus été détecté.

Mars 2012 : tueries de Toulouse et Montauban

Fiché « Sûreté de l’Etat » dès 2006 par les renseignements, Mohamed Merah, auteur des tueries de Toulouse et Montauban en mars 2012, a été étroitement surveillé pendant une période. Mais selon le rapport de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) commandé par Manuel Valls, sa fiche a été désactivée à tort, la DCRI ayant estimé que son maintien n’était pas justifié. Pourquoi ?

Ce n’est qu’en 2011 que la fiche de Merah est réactivée. Il est alors évalué, mais, selon l’ancien responsable de la DCRI Bernard Squarcini, « rien » n’est détecté, ni activisme idéologique, ni fréquentation de mosquée. Les services de renseignement ont-ils voulu en faire un indic ? Sont-ils tombés dans le piège de la « taqiyya », art de la dissimulation pratiqué par certains religieux extrémistes ?

Un an après les drames, Manuel Valls a assuré vouloir « tirer toutes les conclusions » des « erreurs, failles, fautes » de la gestion du dossier. Il a déclaré mi-mai qu’il renforcerait les moyens de la DCRI « en effectifs et en investissements » et ferait en sorte qu’elle soit « mieux coordonnée et « gagne en souplesse. »

C.R. – Le Nouvel Observateur

Source de l’article: http://rss.nouvelobs.com/c/32262/f/493634/s/2cabf202/l/0Ltempsreel0Bnouvelobs0N0Csociete0C20A130A5310BOBS14780Cmerah0Etsarnaev0Ealexandre0Eles0Erenseignements0Emis0Een0Ecause0Bhtml0Dxtor0FRSS0E17/story01.htm

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