Breivik arrive à son procès en faisant un salut d’extrême droite

Anders Behring Breivik, qui a reconnu être l’auteur de deux attaques qui ont fait 77 morts l’été dernier en Norvège, a plaidé non coupable lundi à l’ouverture de son procès. « Je reconnais les faits, mais je ne reconnais pas ma culpabilité » au sens pénal, a-t-il dit. Auparavant, la procureur Inga Bejer Engfh avait lu pendant une heure l’acte d’accusation pour « actes de terrorisme » égrenant la liste des 77 morts et des blessés. La première séance de ce procès, qui a commencé lundi à 9 heures, a ensuite été levée au bout d’une heure et demie environ pour une interruption d’une vingtaine de minutes. Contrairement à l’usage, Breivik est alors resté un instant assis tandis que les juges sortaient, signe vraisemblablement de son rejet de la légitimité de la cour.

En arrivant dans le prétoire, lundi matin, Breivik a fait son salut d’extrême droite avant de rejeter la légitimité du tribunal. Une fois débarrassé de ses menottes dans le prétoire, Breivik s’est frappé le coeur de la main droite avant de tendre le bras, poing fermé, à l’adresse du public composé de familles de victimes, de survivants et de journalistes. Ce salut, explique-t-il dans son manifeste, représente « la force, l’honneur et le défi aux tyrans marxistes en Europe« . Vêtu d’un costume sombre, chemise blanche et cravate ocre, Breivik, qui s’est présenté comme « écrivain », a déclaré aux juges : « Je ne reconnais pas le tribunal norvégien. »

Liste des victimes

Les quelque 200 personnes ayant pris place dans le prétoire – pour moitié des proches des victimes et des rescapés et pour moitié des journalistes – ont vu entrer Breivik, qui s’est forcé à quelques sourires crispés, quelques minutes avant l’arrivée de la juge Wenche Elizabeth Arntzen qui a ouvert le procès. Les quatre experts-psychiatres censés observer Breivik durant toute la procédure ainsi que les avocats de la défense et les procureurs étaient déjà en place. La procureur Inga Bejer Engh a ensuite lu l’acte d’accusation et énuméré le nom des huit victimes mortes dans l’explosion de la voiture piégée près du siège du gouvernement en précisant les causes de leur mort et en décrivant les dégâts matériels causés par l’explosion. Durant ce temps, Breivik a gardé les yeux baissés, semblant lire un document.

« Un certain nombre de bâtiments, y compris le bureau du Premier ministre (…), ne pouvaient être utilisés ni même fonctionner (…) pendant un certain temps », a rappelé Inga Bejer Engh en estimant que ces attaques avaient en outre « créé la peur dans la population norvégienne ». Puis la procureur en est venue au carnage perpétré sur l’île d’Utoeya, où Breivik a massacré 69 jeunes, la plupart d’une balle froidement tirée dans la tête. Dans le prétoire où régnait un silence quasi religieux, on n’entendait que la litanie des noms énumérés par Inga Bejer Engh. Breivik, lui, a gardé la tête baissée.

Geste « atroce, mais nécessaire » (Breivik)

Plus tard dans la matinée, Breivik a brièvement pleuré en visionnant le film de 12 minutes qu’il avait diffusé le jour des attaques. Le visage rougi par l’émotion, Breivik a essuyé des larmes au moment où le tribunal projetait sur grand écran le film de 12 minutes fait de photos et de dessins, montrant notamment des intégristes musulmans.

Son avocat, Geir Lippestad, avait annoncé qu’il plaiderait non coupable : s’il reconnaît les faits, Breivik estime avoir agi « en légitime défense » contre « des traîtres à la patrie » coupables, selon lui, de brader la société norvégienne à l’islam et au multiculturalisme. L’extrémiste de 33 ans devrait s’expliquer à partir de mardi sur son geste, qu’il a d’ores et déjà qualifié d’ »atroce, mais nécessaire ». Le principal point d’interrogation du procès, qui devrait durer 10 semaines, porte sur la santé mentale de l’accusé. Jugé psychotique et donc pénalement irresponsable par un premier rapport psychiatrique l’an dernier, l’accusé a ensuite été déclaré sain d’esprit par une contre-expertise dont les résultats ont été publiés le 10 avril.

En dernier ressort, il reviendra aux cinq juges du tribunal d’Oslo de trancher cette délicate question dans leur verdict attendu en juillet. Si Breivik est reconnu pénalement responsable, il encourt 21 ans de prison, une peine qui pourra ensuite éventuellement être prolongée aussi longtemps qu’il sera considéré comme dangereux. Dans le cas contraire, il devra subir un traitement psychiatrique dans un établissement fermé, potentiellement à vie.

Source de l’article: http://www.lepoint.fr/monde/breivik-arrive-a-son-proces-en-faisant-un-salut-d-extreme-droite-16-04-2012-1451963_24.php

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