Crédit lyonnais, ou le symbole d’une élite de jean-foutre

Dans l’indifférence générale, l’État va emprunter 4,5 milliards d’euros pour solder une fois pour toutes l’ardoise du Crédit lyonnais, une « broutille » qui représente tout de même cinq fois le montant qu’il escomptait récupérer chaque année avec sa fameuse écotaxe, mais comme disait Chirac : « Plus c’est gros, mieux ça passe. » Il est vrai que c’est de l’histoire ancienne et personne n’est allé en prison. Jean-Claude Trichet, autorité de tutelle en tant que directeur du Trésor à l’époque des faits, est même devenu président de la Banque centrale européenne ; quant à Jean-Yves Haberer, l’ancien major de l’ENA et président-directeur général, il coule aujourd’hui des jours tranquilles dans son château quelque part dans la Somme.

Tout avait commencé au milieu des années 80 avec un slogan aussi démagogique que naïf : « Le Crédit lyonnais ou le pouvoir de dire oui ! » Une formule que J.-Y. Haberer explicitera plus tard lors d’une interview au journal La Tribune : « Nous voulons être pour un certain nombre de sociétés françaises, et à notre échelle, ce que les banques allemandes peuvent être pour certaines entreprises industrielles. »

La référence était séduisante, sauf qu’en guise d’entreprises modèles il ira s’acoquiner avec le très sulfureux Giancarlo Parretti (MGM), l’aventurier rescapé du scandale de la loge P2 Florio Fiorini (SASEA), le promoteur-flambeur Michel Pelège, l’escroc Robert Maxwell, des investisseurs véreux au Gabon, des banques pourries dans des paradis fiscaux (IBI), sans oublier bien sûr de tremper dans le financement occulte de partis politiques (IBSA), la présentation de faux bilans, etc. La liste est interminable et Bernard Tapie n’y figure qu’à une modeste place. Cerise sur le gâteau, le siège de la banque brûlera en 1996 ainsi qu’une annexe contenant les archives, deux incendies que les experts absolument formels qualifieront d’origine criminelle.

Fin 1994, il fallait se pincer pour y croire, mais on n’avait encore rien vu.

En vue d’éviter la faillite, des plans de sauvetage furent mis en place en 1994 et 1995. La banque sera scindée en deux : une entité « saine », le Crédit lyonnais, séparée d’une « bad bank », le CDR (Consortium de réalisation), qui achètera les actifs à risque avec mission de les revendre avant 2014. Edmond Alphandéry, le ministre de l’Économie, assurait en présentant ce plan devant la presse qu’il avait été conçu de façon à ne « pas coûter d’argent aux contribuables ». Or, à peine proclamé urbi et orbi que tous les actifs non bancaires étaient à vendre au plus vite, voilà que leur valeur se mit à chuter et, le 23 novembre 1995, Le Monde pouvait titrer « La grande brocante des actifs du Crédit lyonnais est ouverte ». On apprendra par la suite que certaines participations auraient même été volontairement dévalorisées afin de permettre à « des amis » de faire de bonnes affaires.

À ce niveau, ce n’est plus une retraite en bon ordre mais un sabordage dans les règles de l’art.

Selon l’hebdomadaire Marianne, « aux 30 à 50 milliards de francs qui résulteraient de la mauvaise gestion effective du Crédit lyonnais entre 1988 et 1993, il faut ajouter 70 à 100 milliards qui correspondent aux frais de fonctionnement du CDR et à la dévalorisation volontaire des actifs ».

Au final, ce naufrage bancaire aura coûté non pas 4,5 mais la bagatelle de 14,7 milliards d’euros aux contribuables, soit, comble de l’ironie, à peu près le même montant que les recettes tirées de l’ensemble des privatisations sous le gouvernement Balladur entre 1993 et 1995. C’est bien sûr, et de loin, le record absolu en matière d’affaires politico-financières françaises.

Alors, le Crédit lyonnais est-il emblématique du « tous pourris » ? Je ne crois pas. Cette débâcle n’a rien à voir avec un scandale comme celui de la Garantie foncière ou le fonds Madoff. Certes, il y a eu des fraudes et des escroqueries mais ce qui prévaut par-dessus tout, c’est l’incompétence, la vanité, le copinage, la lâcheté, et surtout l’absence totale de sens du bien public à tous les niveaux de l’administration, une constante observée depuis l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir en 1981 et qui n’a cessé depuis.

Source de l’article: http://www.bvoltaire.fr/christopheservan/credit-lyonnais-ou-le-symbole-dune-elite-de-jean-foutre,41214

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