Le FN espère arracher Fréjus à une UMP désormais divisée

Il y a quinze jours, François Léotard honorait de sa présence l’inauguration de la permanence de campagne de son ami Philippe Moujin, le candidat officiellement investi par l’UMP pour porter ses couleurs à Fréjus. L’ancien ministre UDF, qui s’est retiré de la vie politique, était venue par amitié mais également pour rappeler à ses amis son opposition historique à toute compromission avec le Front national.
Léotard et Fréjus, ces deux noms appartiennent au siècle passé, une époque où la droite varoise était encore solide sur ses positions. Le maire d’alors était élu facilement et parvenait à contenir à la fois la gauche et les troupes de Jean-Marie Le Pen. « Léotard le modéré , c’était la réussite d’une synthèse entre un électorat de droite populaire et des notables modérés proches du centre. Aujourd’hui, tout ça a volé en éclats, notamment à cause des affaires », explique un élu du coin.

Les affaires ? Elles touchent désormais le successeur de François Léotard à la mairie de Fréjus, Elie Brun. Le maire avait remporté très facilement les dernières élections municipales dès le premier tour, avec plus de 62% des voix. Il y a quatre ans, le scrutin avait donné lieu à une triangulaire où Elie Brun était en compétition avec la candidate du PS , Elsa Di Meo (24,8%) et un candidat du FN, David Rachline (12,5%). En mars prochain, ces deux-là pourraient se retrouver au second tour des municipales mais cette fois contre Philipe Moujin, l’ami de François Léotard.

« Si on n’avait pas changé de candidat, le FN gagnait »

En juillet dernier, la direction UMP de Jean-François Copé lui a en effet accordé son investiture, cet ex-adjoint au Tourisme de la ville étant désormais en conflit ouvert avec le maire Elie Brun. Ce dernier voyait en janvier dernier son domicile perquisitionné par les gendarmes. Le parquet de Draguignan s’intéresse aux conditions d’attribution d’une plage de la commune. Il se défend en affirmant qu’il ne siège pas dans la commission d’attribution des plages mais depuis cette affaire, l’opposition demande son retrait le temps de l’instruction.  « Si on n’avait pas changé de candidat, le FN remportait la ville, confie le patron de l’UMP du Var, le député Philippe Vatel. Aujourd’hui, rien n’est  fait».

Pourtant, cette fin de mandat difficile pour le maire, le FN espère bien en tirer en partie. Un sondage CSA accordait en juin à son jeune candidat, David Rachline, 25% des voix, derrière la candidate PS (28%) mais devant la droite. Marine Le Pen compte bien sur ce jeune candidat de la génération « mariniste » pour décrocher cette mairie de près de 55 000 habitants. Le FN a mis Fréjus sur sa liste des communes prenables. Son succès dans la cantonale partielle de Brignoles renforce cette stratégie. « Mais la situation n’a rien à voir avec Brignoles, tempère le député UMP Philippe Vitel. Là-bas, la gauche a disparu alors qu’ici la droite reste forte. Et puis dans une municipale, la personnalité des candidats compte beaucoup. Une ville dirigée par le FN, c’est moins d’argent des acteurs locaux de la région et ce sont des investisseurs qui hésitent à venir ».

« 1,5 million d’euros par an au club de foot contre la moitié pour l’action sociale »

La spécificité du scrutin municipal, c’est aussi le discours de la candidate socialiste. «  C’est vrai que les gens se plaignent des impôts et du déclassement social mais nous faisons un travail de terrain depuis des années pour être prêt à diriger la ville, explique Elsa Di Meo. Nous dénonçons depuis des années l’affairisme du maire, on n’a pas attendu le FN. Quant à l’endettement de la ville, il est dû à sa mauvaise gestion.  Distribuer 1,5 million d’euros par an au club de foot contre la moitié pour l’action sociale, voilà où ça mène ».

En pointe dans le combat de terrain contre le FN, la candidate PS reproche au candidat UMP de s’être emparé opportunément du dossier de la mosquée. La Ville a accordé en août dernier un permis de construire pour un nouveau lieu de culte mais le FN et Philippe Moujin veulent revoir le projet à la baisse. « Il l’avait voté en tant qu’adjoint au maire », lance Elsa Di Meo qui reproche à la droite de courir derrière les thèses de Marine Le Pen.

Pour la candidate du PS, une quadrangulaire n’est pas à exclure en mars. Un scénario que rejette totalement le député varois UMP Philippe Vatel : « Le pouvoir de nuisance d’Elie Brun est limité, il fera moins de 10% et ne sera pas au second tour. Ce sera une triangulaire où l’UMP sera forte ». Reste que si le FN gonfle bien sûr médiatiquement ses chances d’arracher Fréjus à l’UMP, un élu du coin confie en privé que David Rachline est « un bon candidat, implanté dans la ville depuis longtemps. J’ai encore des coupures de presse où on parlait de ce jeune militant FN de 16 ans, il y a déjà dix ans.  Et il a fait 40% aux législatives de 2012.  Ce ne sera pas Brignoles ou Six-Fours, facilement prenables par le FN, mais ce sera une vraie bataille ».

Source : lci.tf1.fr 

Source de l’article: http://fninfos.fr/?p=22911

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