« François Hollande a trahi ses engagements »

Jacques Sapir  Document remis 1 238x300 Jacques Sapir : « François Hollande a trahi ses engagements »A l’heure où les parlementaires ont entamé ce mardi à l’Assemblée nationale les débats sur le traité budgétaire européen, nous posons 3 questions à Jacques Sapir, économiste et spécialiste des questions de stratégies.

Q. Le gouvernement souhaite à tout prix ratifier le traité budgétaire, même avec l’aide des voix de la droite. En réalité, la France a-t-elle vraiment le choix ? L’avenir passera-t-il forcément par ce traité ?

Un pays, et particulièrement la France, a toujours le choix. Si le président de la République reculait – et il aurait tout intérêt à faire – il ouvrirait ainsi une réelle et nouvelle négociation qui déboucherait sur un nouveau traité. C’est indiscutable. François Hollande disposerait ainsi d’une grande marge de manœuvre. Je ne vois qu’une seule solution pour préserver l’unité nationale : organiser un référendum sur cette question. L’élection du président socialiste n’en constituait pas un, comme certains le prétendent. Il avait promis de renégocier le traité. Mais rien n’a changé. Même son premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, en convient. Ce texte, c’est celui de Nicolas Sarkozy et le résultat d’une politique de droite. François Hollande a trahi ses engagements. Le volet croissance « pseudo-négocié » a quelque chose de risible : 120 milliards d’euros sur trois ans. Or, pour avoir une réelle politique de relance, il faut 200 à 250 milliards par an. Ce volet n’est pas à la mesure des enjeux. Il n’a qu’un seul objectif : rendre le vote acceptable.

Q. La rigueur, qu’elle soit de droite ou de gauche, est-elle la seule solution pour redresser la France ?

Il n’y a pas de fatalité, mais le gouvernement a visiblement choisi de l’accepter. Dans le budget présenté, 20 milliards de hausse d’impôts vont une nouvelle fois sanctionner les ménages et les entreprises françaises. Le budget ne sera pas voté en l’état, c’est impossible. Personne ne croit, sauf le gouvernement, à une croissance de + 0,8 %. Elle sera de – 0,3 à – 0,5 %, c’est une certitude économique. Concrètement, cela signifie qu’il manquera entre 1 et 1,5 points de PIB. Il faudra ainsi trouver 20 à 30 milliards supplémentaires. La contraction économique va engendrer de nombreuses dépenses supplémentaires, comme celle de l’assurance chômage. Si notre déficit budgétaire reste en l’état, le traité ne pourra pas être appliqué, et la crédibilité de la France sera engagée. Nous savons que l’économie française n’est en mesure de créer des emplois qu’à partir de 1,5 % de croissance. La barre du chômage devrait atteindre 3,8 millions à la fin 2012. Jusqu’en 2015, le scénario est donc très noir.

Q. Peu ou pas de croissance, budget de rigueur, les hauts Fournaux de Florange qui ne redémarreront pas : un scénario très sombre. Pourtant, le politique reste volontaire, envers et contre tout. Le volontarisme n’a-t-il pas atteint ses limites ?

On constate surtout les limites d’un certain type de discours. Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, ne fait qu’une chose : de l’accompagnement compassionnel. Il n’a pas les moyens de faire du volontarisme. Beaucoup de choses sont encore possibles : la France pourrait très bien sortir de l’euro et dévaluer de 25%, accepter des investissements publics plus conséquents, nationaliser des sites industriels comme certains rapports économiques le préconisent. Il faudrait de la cohérence entre volonté et moyens. Malheureusement, le gouvernement n’a pas cette cohérence.

Source : bvoltaire.fr

Source de l’article: http://fninfos.fr/?p=10018

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