ils avaient laissé leur victime agoniser pendant trois joursFédération Front National de Charente-Maritime FN 17

Un pan de la sordide affaire de février 2010, l’homicide survenu dans un petit appartement du quartier rochelais de Mireuil, était examiné mardi par le tribunal correctionnel de La Rochelle.

Arnaud Jodet et Dave Nerault, âgés de 44 et 22 ans, comparaissaient pour non-assistance à personne en péril. Entre le 3 et le 5 février 2010, Mario Burguin, 45 ans, avait agonisé après avoir été frappé avec une rare violence. Les pompiers l’avaient retrouvé mort, nu sur un canapé, le visage défiguré.

Mardi, le président du tribunal Michel Lemoine expliquait que trois autres hommes – mis en examen pour coups mortels – seraient également jugés pour cette affaire, devant les assises de Saintes, fin juin : Kevin et Jimmy Lefèvre, deux frères alors âgés de 22 et 27 ans, et Grégory Nerault, le frère de Dave, 25 ans (1).

Coups de pied dans la tête

L’affaire glauque prend corps entre misère sociale, abus d’alcool, violence gratuite à la limite de la torture et lâcheté.

La tête de Mario Burguin, un sans domicile fixe ayant trouvé refuge chez son frère Fabio, handicapé physique et mental, avait pratiquement doublé de volume à la suite des coups de pied donnés par les frères Lefèvre et Grégory Nerault, surnommé « Greg ». Ce dernier fêtait, ce 3 février 2010, son anniversaire. Le petit groupe s’était retrouvé au 26, rue de Moscou, au domicile de Fabio.

L’après-midi prend l’allure d’une beuverie, à la bière, puis au whisky.

Arnaud Jodet, non mis en cause pour les coups, reconnaît à la barre « avoir apporté la bouteille de whisky, un litre et demi. Je n’aime pas la bière. »

Tout le monde picole à gogo et « le cachet de morphine pilée sur la table par Greg » n’améliore pas la situation. « Moi, je n’en ai pas pris », insiste Arnaud Jodet, au RSA, toujours accro à l’alcool malgré les médicaments. Sur la barre, ses doigts trahissent son angoisse. Décrit pas l’expert psychologue comme « un gros nounours, râleur, immature mais pas méchant et incapable de faire le bon choix », cet homme très corpulent ajuste : « Je ne me suis jamais défendu, je me suis toujours fait taper dessus. »

À propos des faits, le soumis s’embrouille dans ses versions ; dit avoir vu les coups donnés à son ami d’enfance qu’il gratifie d’un « M. Mario », mais assure que ce dernier était en bonne santé et, malgré un visage en sang, qu’il lui a parlé. L’interrogatoire du président et la présentation des photos de la victime au visage défiguré le déstabilisent et le font craquer : « Je suis perdu… Non, je ne lui ai pas parlé avant de partir. J’ai quitté l’appartement à 3 heures du matin [le 4 février]. » En sécurité chez sa mère où il vit, Arnaud Jodet n’appelait pas les secours ni cette nuit, ni plus tard.

Sans plus d’état d’âme, les frères Lefèvre et Grégory Nerault partaient, eux, en discothèque avec la carte bancaire de Mario Burguin. Leur victime, frappée pour une « raison » non encore connue, est alors dans un état semi-comateux, dans l’appartement avec son frère handicapé (ce dernier n’a pas été poursuivi par la justice).

La scène de la chaise

Outre les coups de pied, voire de poing, Mario Burguin a aussi subi un traitement terrifiant. Une chaise a été mise sur son thorax. Il ne peut opposer aucune résistance. Un pied de la chaise est sur le larynx du supplicié. À tour de rôle, chacun saute sur la chaise. Arnaud Jodet dit qu’il n’a pas vu cette scène atroce. Il parle de « trou noir ».

Dave Nerault, tout fluet, n’a pas vu les coups. Il a quitté l’appartement avant mais il y revient le jeudi 4 février dans l’après-midi. « C’est Kevin qui m’avait appelé. Je le crains. Il m’a déjà frappé ». Sur place, avec les autres, il boit et joue aux fléchettes. Bien sûr, il voit Mario sur le clic-clac. Dans son audition à la police, il déclarait : « Il n’était pas beau à voir. Il souffrait ».

À la barre, il assure avoir alors dit qu’il fallait prévenir les secours. « Kevin m’a fait des menaces si on le faisait. Il m’a dit qu’il y avait eu une bagarre, pas plus. » Pourtant, il est mis au courant de la scène de la chaise.

Si l’expertise rapporte que Dave Nerault est « un suiveur, un jeune homme plutôt en retrait », il est aussi précisé dans le rapport : « Prêt à rendre service », jusqu’à vouloir rentrer chez les sapeurs-pompiers. Dans la pratique, le jeune homme ne les appelle pas. Poussé dans ses retranchements, il lâche : « Je pensais que quelqu’un d’autre allait le faire à ma place. Le vendredi 5 février, les pompiers découvraient le corps froid de Mario Burguin. La police ne tardait pas à interpeller les protagonistes.

Les avocats plaident la relaxe

Concernant les deux prévenus, la procureure de la République requérait pour chacun trois ans de prison dont dix-huit mois de sursis mise à l’épreuve, plus une obligation de soins pour Arnaud Jodet.

Les défenseurs plaident la relaxe, arguant qu’il n’y a pas d’infraction intentionnelle tout en mettant en avant le profil psychologique de leurs clients. En cas de condamnation, les avocats espèrent le sursis.

Le tribunal allait dans ce sens. Arnaud Jodet écope de 24 mois de prison, peine assortie d’un sursis avec mise à l’épreuve pendant deux ans avec obligation de soins ; Dave Nerault de 18 mois de prison avec sursis.

Les deux hommes étaient condamnés à verser solidairement 1 500 euros au frère d’adoption de Mario Burguin.

(1) Ces trois hommes sont toujours présumés innocents.

Source de l’article: http://www.sudouest.fr/2012/04/26/trois-longs-jours-d-agonie-698616-1391.php#xtor=RSS-10521769

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