Jean-Luc Mélenchon : « I’m dangerous »

Les poings levés, Jean-Luc Mélenchon fend la foule. Les mains derrière les oreilles, il incite le public à hurler plus fort. Mi-boxeur, mi-rock star, son entrée en scène en dit long sur la confiance qui habite Mélenchon. A coup de meetings et de sondages favorables, le candidat du Front de gauche prend de plus en plus ses aises dans cette campagne. Au Zénith d’Auvergne près de Clermont-Ferrand, mercredi 14 mars, il rode devant plus de 8.000 personnes ses derniers mots avant sa grand-messe, ce dimanche place de la Bastille.

Un parfum d’Auvergne

En chauffeur de salle, Mélenchon peut compter sur le local de l’étape, André Chassaigne, le député du Puy-de-Dôme. Celui que la foule accueille aux cris de « Dédé !  »  fut candidat communiste contre lui lors de la primaire interne du Front de gauche. Aujourd’hui, il joue le jeu du rassemblement : « Je veux vous dire à quel point j’apprécie la façon qu’à Jean-Luc de conduire cette campagne électorale », confie-t-il avant d’entrer en scène. « En tant qu’ancien enseignant au collège, j’apprécie sa révolution de la grammaire pour faire que le je et le vous deviennent un nous. »

Une fois à la tribune, il commence par jouer sur les sentiments locaux, faisant une liste presque exhaustive des produits de la région. Tout y passe, du Saint-Pourçain au Saint-Nectaire, plus efficaces pour chauffer la salle que le nom de Marie-Georges Buffet, la candidate de 2007. Le discours d’André Chassaigne vaut adoubement pour le candidat : même les militants communistes les plus réfractaires sont derrière Mélenchon, semble dire le discours.

« La stupide danse du vote utile »

Avec pareille introduction, Mélenchon peut sourire. Dans la journée, il a appris qu’un sondage CSA le donne à 11%, après avoir franchi la barre des 10% la semaine dernière. Il fait mine de ne pas croire aux enquêtes d’opinion. « Il a la tête dedans », affirme pourtant un responsable du Front de gauche.

Au micro, il voulait parler de « planification écologique ». Mais les récentes déclarations de ses adversaires sur la fiscalité occupent la première partie de son discours. Le nom de Nicolas Sarkozy se fait huer par la salle. Quand vient le tour de François Hollande, il arrête les sifflets d’un geste sec : « Non, celui-là c’est notre concurrent, pas notre adversaire. » Il fustige cependant « la stupide danse du vote utile » du PS.

Alors que certains de ses thèmes s’invitent dans la campagne – la taxation des exilés fiscaux proposée par Sarkozy ou la taxation des hauts revenus de Hollande -, lui savoure, ou en donne l’impression : « Prenez ce que vous voulez dans notre programme, mais nous savons une chose, c’est que nous sommes les mieux placés pour l’appliquer !  »

La liste des personnes à « pourchasser » et qu’il accuse d’évasion fiscale est ressortie pour l’occasion : Johnny Hallyday, Alain Prost, Paul-Loup Sulitzer, Richard Virenque, Paul Dubrule du groupe Accor… Il lance avec virulence : « Le capital a des visages, il a des adresses, nous savons où ils habitent, nous avons les noms. » Faisant référence au « I’m not dangerous » de Hollande à la City, il clame : « I’m dangerous, je vais vous faire les poches. »

Les frites molles

Autre élément incontournable d’un meeting selon Jean-Luc Mélenchon, l’instant front contre front. La candidate du FN est raillée par le tribun. « Vous parlez du halal, mais il y a un vrai problème à la cantine, c’est : pendant combien de temps y aura-t-il des frites molles… Mme Le Pen voilà un problème dont vous pouvez vous saisir. » Critiquant son « numéro inépuisable sur les signatures », il en vient à l’invective avant de se raviser : « Elle est tellement bête ! Ah non elle va encore dire que je l’injurie… »

Jean-Luc Mélenchon garde l’écologie pour la fin. « C’est le thème qui met en cohérence le programme du Front de gauche », avait-il assuré devant les journalistes avant de monter sur scène. « En face d’une règle d’or, nous voulons mettre la règle verte à inscrire dans la constitution. Il faut viser l’extinction de la dette écologique de la France ».

Saluant le travail d’André Chassaigne sur le sujet, il explique devant la salle attentive la nécessité de choisir la politique de la demande par rapport à la politique de l’offre. Il prône la planification écologique. « A bas le court terme, il faut la vision à long terme !  »

La maxime semble d’ailleurs s’appliquer aussi à sa campagne. « Je pense beaucoup à l’après-présidentielle pour construire une véritable nouvelle force politique, mais lui n’a pas encore la tête à ça », regrette André Chassaigne. Le Front de gauche espère bien convertir l’élan à court terme de son candidat pour s’implanter comme force politique à long terme.

Source de l’article: http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120314.OBS3785/jean-luc-melenchon-i-m-dangerous.html

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