Les professionnels du logement s’opposent à l’encadrement des loyers

« Les périls du projet d’encadrer les loyers sont multiples », déclare François Gagnon, président du groupe immobilier ERA Europe et ERA France. Les professionnels de l’immobilier se rejoignent pour prédire le retrait des investisseurs et la flambée des prix des loyers si cette nouvelle loi passe. « 67 % des bailleurs stopperont leurs investissements immobiliers si l’encadrement des loyers devient effectif ! » déclare Patrick Chappey, fondateur du site internet de gestion immobilière Gererseul.com, selon un sondage effectué en ligne. 90% du parc locatif privé appartient à des particuliers, majoritairement issus des classes moyennes.

Le bailleur type dispose d’un patrimoine équivalant à 1,5 logement. Selon François Gagnon, contrairement aux idées reçues, être un investisseur privé n’est pas toujours rentable. Avec les prix actuels du marché la rentabilité balance entre 1 et 3,5% avant impôt. Corrigés de la fiscalité, il arrive que ces taux deviennent négatifs. Selon lui, investir dans l’immobilier est un acte civique ! Le bailleur prend le risque de tomber sur un mauvais payeur et de perdre beaucoup d’argent durant les périodes de vacance et de travaux. En louant, il rend service à la société et devrait en être récompensé !

Selon les professionnels du métier, l’immobilier, la dernière valeur refuge des Français a déjà été très mis à mal tout au long de l’année. La suppression du prêt à taux zéro dans l’ancien, la réduction des avantages fiscaux du dispositif Scellier et l’augmentation de la TVA sur les travaux (de 5,4 % à 7 %) ont déjà entravé la liberté d’entreprendre des particuliers. Richard Horbette, fondateur du site de location entre particuliers Locservices.fr, rappelle également que plus la rentabilité des loueurs sera faible, plus ils auront de mal à s’adapter aux nouvelles normes environnementales exigées par le gouvernement en matière de logement.

 

« Orienter la politique de logement vers l’accroissement de l’offre »

 

Mécontents des solutions proposées par le gouvernement pour réguler le marché, les professionnels du logement suggèrent des alternatives. Toutes se rejoignent sur un point : aider fiscalement l’investisseur pour ne pas le faire fuir et favoriser la construction de logements neufs. Pour Richard Horbette, le gouvernement passe à côté du problème principal : le manque de logements disponibles. Il faut construire plus de logements et réduire les aides aux locataires.  Il y aurait donc moins de locataires solvables et les propriétaires devraient alors réduire leurs prix. L’argent dépensé dans les aides à la location (16 millions) serait réinvesti par l’Etat dans la construction de logements sociaux et de logements intermédiaires. Les zones tendues qui n’appliqueraient pas le quota des 20 % de logements sociaux verraient leurs sanctions renforcées.

Toujours dans la veine des logements sociaux, la FNAIM, quant à elle, promeut le « bail puissance 3 ». Ce bail propose aux propriétaires une garantie des risques locatifs et un allègement de la pression fiscale. En contrepartie : un logement décent aux normes éco performantes au loyer égal au plafond HLM. Soit des prix environ deux fois inférieurs à ceux du marché. 60 % de la population française serait éligible pour habiter dans ces logements. Ce marché devrait être accessible aux agences immobilières afin d’aider les locataires à trouver rapidement un logement adapté à leurs besoins et à leurs ressources.  La rentabilité du loueur doit être égale à celle qu’il aurait eu en louant aux prix du marché et sa fiscalité comparable à celle dont bénéficient les organismes HLM. La FNAIM propose une déduction spécifique de 100% au titre de revenus fonciers « sociaux » pendant les 9 ans de location obligatoire. Comme de nombreux professionnels du logement, elle suggère également un retour d’exonération de la plus-value à 15 ans.

Quant à Jean Perrin, le président de l’Union nationale de la propriété immobilière (UNPI), il entend proposer au gouvernement : « un partenariat  pour la rénovation énergétique des logements anciens en contre-partie d’une remise à plat des rapports entre locataires et propriétaires ». Reste à savoir si les professionnels du logement seront entendus par le gouvernement qui a déjà fixé son calendrier à septembre prochain.

 

Raphaëlle de Tappie.

Source de l’article: http://www.challenges.fr/immobilier/actualites/france/20120604.CHA8205/les_professionnels_du_logement_s_rsquo_opposent_a_l_rsquo_encadrement_des_loyers.html

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