«Un parachutage qu’il est ridicule de nier»Fédération Front National de Charente-Maritime FN 17

Demandez à un riche s’il est riche. A part quelques exceptions toujours là pour confirmer la règle, il vous répondra que non, il vit bien, certes, mais il n’est pas riche. Et il a beaucoup travaillé pour en arriver là, hein ! Il vous citera même untel et untel qui, eux, sont des vrais riches.Les riches, l’enfer, et les parachutés, c’est les autres… Sauf donc pour Mélenchon, car selon sa définition, les parachutés n’existent pas. Ce dernier se veut très discret sur sa vie privée. Attitude parfaitement respectable. Mais lorsque l’an dernier il s’est fait cambrioler, on a appris qu’il habitait le Xe arrondissement de Paris. Ce qui est tout à fait légal, convenons-en. Le mec un peu simple d’esprit, comme moi, se demande alors : mais pourquoi il ne se présente pas dans le Xe arrondissement de Paris, alors ? C’est un arrondissement ultra à gauche, puisque Hollande y a fait plus de 69% au second tour de la présidentielle. Au premier tour, Hollande avait déjà fait plus de 42%, Mélenchon 15%.

Pas de chance, c’est l’arrondissement de l’avocat Tony Dreyfus, cador du Parti socialiste qui y est élu les doigts dans le nez depuis quinze ans. Ben oui, c’est comme ça. La France semble toujours organisée de manière féodale. On y parle de « fiefs ». Et la plupart des politiciens d’envergure nationale habitent Paris. Les places y sont donc forcément très chères. D’où la tentation d’aller s’exiler chez les bouseux.

« Ah oui, mais les législatives, ce sont des élections nationales, pas locales ! » Chez les fins lettrés, oui, peut-être. C’est ce que disent les textes. Mais dans les faits ? Va donc raconter aux mamies sur les marchés qu’en réalité tu habites Paris, que tu cherches juste un bled, n’importe lequel, pour te présenter, que le seul que tu as trouvé était celui-ci, que tu veux juste te faire élire, et qu’après, promis, tu ne l’emmerderas pas, puisque tu n’y remettras jamais les pieds… Succès garanti.

Il semble que dans les jours qui ont précédé l’annonce de la décision de Mélenchon de se présenter à Hénin-Beaumont, il avait envisagé d’autres points de chute. Ce qui est, à mon goût, une autre preuve de parachutage. Mais Mélenchon, c’est pas pareil… « Et puis son suppléant est d’accord. D’ailleurs, il s’occupera du local, alors que Mélenchon s’occupera du national. » Je ne sais pas si on a vraiment demandé son avis au suppléant qui, de toute façon, ne pourrait que fermer sa gueule devant le débarquement de l’armada. Mais cette répartition des rôles, que l’on peut qualifier de novatrice si on a l’âme positive, me semble peu conforme à l’esprit des institutions…

En fait ce qui l’intéresse à Hénin-Beaumont, ce n’est évidemment pas la ville ni les habitants, c’est Marine Le Pen. Sa collègue de parachutisme, donc. Quoi qu’il en dise, on peut légitimement considérer que chez Mélenchon, Marine Le Pen tourne à l’obsession. Il en avait déjà fait un but de campagne : finir devant elle. Au final, elle a fait 50% de plus que lui. Pas dégoûté pour autant, il reprend son bâton de pèlerin (ou plutôt son épée de croisé) pour aller pourfendre l’ennemie sur les terres qu’elle a usurpées.

Certains journalistes se sont étonnés de cette lubie. Et ont osé la comparaison avec Bernard Tapie (ceux qui n’ont pas connu cette époque peuvent en avoir un court résumé ici ). Ce dernier avait décidé de combattre Le Pen par tous les moyens. Le débat, bien sûr. On se souvient des échanges télévisés de noms d’oiseaux, précédés de la célèbre et ridiculissime scène des gants de boxe, qui coûta sa place et sa carrière au Pujadas de l’époque, Paul Amar. Mais Tapie avait aussi clamé qu’il allait bouter Le Pen hors des banlieues en les réinvestissant et en s’intéressant à ses habitants. Pour reprendre les termes de Le Pen, Tapie était un « tartarin » et un « pitre » (en plus d’être un escroc). Le temps ayant passé, force est de constater que les rodomontades de Tapie n’ont pas produit le moindre effet, et que le cancer de la xénophobie lepéniste s’étend désormais de manière inquiétante, à l’évolution alarmante. D’autant qu’en plus des Le Pen père et fille, les Sarkozy, Hortefeux, Besson, Guéant et autres ont installé des métastases pendant ces cinq dernières années.

Il est donc à craindre que la stratégie de Mélenchon soit elle aussi vouée à l’échec. S’adresser à l’intelligence des électeurs lepénistes de base et les convaincre en l’espace d’un mois que l’ennemi c’est davantage la finance que le rastacouère, autant expliquer à une vieille bigote que le curé est un imposteur. Et puis j’apprécie trop Mélenchon pour ne pas avoir le droit de m’étonner de le voir utiliser les mêmes méthodes qu’un gredin comme Tapie.

Hollande a été investi mardi. On se rappellera qu’en 1981, ce jeune parisien avait pourtant commencé sa carrière politique par un parachutage en Corrèze, où Mitterrand l’avait envoyé pour y affronter un certain Chirac. La petite histoire dit même que Hollande a atterri en Corrèze uniquement parce que Delors avait refusé d’y aller. Il a fini par s’y faire élire, s’y est « implanté » (c’est à dire qu’il y est allé régulièrement, tout en habitant à Paris avec Ségolène Royal qui était députée des Deux-Sèvres suite à un autre parachutage mitterrandesque). Le parachutage n’est donc pas une maladie honteuse, et n’empêche pas les plus hautes destinées.

Source de l’article: http://www.marianne2.fr/Melenchon-Un-parachutage-qu-il-est-ridicule-de-nier_a218496.html

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