Jean-Luc Mélenchon et son Front pas si populaireFédération Front National de Charente-Maritime FN 17

A regarder d’un peu plus près cette foule de jeunes trentaines bien mis dimanche place de Stalingrad à Paris, des sociologues avertis auraient sans doute vu le présage d’un résultat un peu moins populaire que celui que leur avait promis Jean-Luc Mélenchon.

Car, si l’ouvrier ne va et ne vient certes pas toujours drapé dans son bleu de travail, l’impression visuelle ne fit alors qu’anticiper l’affichage à l’écran d’un score bien plus modeste qu’espéré (11,11 %). Plus de bobos que de cocos, regretteront ainsi dans la soirée quelques vieux grognards du Parti communiste.

« La faute à Hollande… »

Loin derrière ce Front national qu’il pensait avoir fait trébucher du podium élyséen, Jean-Luc Mélenchon n’aura donc pas totalement réussi son pari contestataire. La faute aux mauvais camarades socialistes, dit en substance le Béarnais Olivier Dartigolles, codirecteur de sa campagne et porte-parole du Parti communiste. « C’est un constat difficile, mais le vote FN est en effet un cri de ras-le-bol face à cette élection où personne – à part nous – n’a osé aborder les vrais thèmes de gauche, comme les salaires et l’emploi. Marine Le Pen leur est hélas apparue comme un recours. J’attends maintenant que François Hollande et les ténors du PS reconnaissent cette erreur stratégique. »

Doublement affaibli par l’appel au vote utile en faveur du candidat socialiste, Jean-Luc Mélenchon l’aurait donc d’abord été par l’infructueuse partie de pêche à l’électorat populaire. Ancien candidat communiste à la présidentielle, Robert Hue a la particularité d’avoir quitté le PCF à l’instant même où Mélenchon y frappait à la porte. Joint hier par « Sud Ouest », celui qui soutient désormais François Hollande ne mâche pas ses mots. « J’ai pris mes distances avec les dirigeants du parti parce qu’ils refusaient justement de prendre en compte l’évolution du monde ouvrier et urbain. Il y a pourtant urgence à ce que la gauche soit plus en phase avec ces réalités. »

Plus sévère encore sera Mohamed Bouklit, membre du conseil national du Front de gauche jusqu’à ce qu’il en claque la porte, au début du mois d’avril. Mélenchon cartonnait alors dans les sondages, on ne le soupçonnera donc pas d’avoir quitté le navire avec les rats. « Je n’ai pas supporté ces comportements qui reproduisaient les mêmes pratiques clientélistes qu’ailleurs », explique-t-il. Des « guéguerres clandestines » menées, selon lui, au détriment de l’intérêt des classes populaires.

La revanche aux législatives ?

Va pour la curée, que Robert Hue achève par ce petit exercice de calcul mental. « Les 11 % de Mélenchon ne sont après tout que l’addition des scores que la gauche non socialiste faisait du temps de Buffet, Besancenot, Laguiller et Bové. » Pas plus certes, mais à lui seul autant que tous les autres réunis depuis trente ans.

« Si, en début de campagne, on nous avait promis un score à deux chiffres, alors j’aurais signé tout de suite, relativise Olivier Dartigolles. Nous sommes l’élément neuf de cette élection, celui qui permettra le rassemblement de la gauche au second tour… celui qui avait manqué à Ségolène Royal pour battre Sarkozy en 2007. Ensuite, il sera temps de faire élire un maximum de nos députés aux législatives, histoire de savoir quel est le vrai curseur au sein de la gauche. »

À condition aussi que l’indéniable charisme du tribun Mélenchon fasse d’ici à juin partout des petits en région.

Source de l’article: http://www.sudouest.fr/2012/04/24/jean-luc-melenchon-et-son-front-pas-si-populaire-697139-659.php#xtor=RSS-10521769

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