l’opération de diversion a déjà fait pschitt !

Une femme, désignée par le Front national pour être sa tête de liste à Rethel lors des prochaines municipales, ouvre son cœur et son press-book à une chaîne de télévision. La malheureuse, aussitôt désavouée et suspendue par son parti, juge intelligent et spirituel de faire profiter des millions de téléspectateurs de deux photos qui, selon elle, établissent la parenté, voire la similitude, entre Christiane Taubira et l’espèce simiesque.

Quelques jours plus tard, à Angers, une petite fille dont les parents, assurément plus coupables qu’elle, mériteraient amplement la fessée qu’ils ne lui ont pas donnée, réserve un accueil plaisant au ministre de la Justice : « C’est pour qui, la banane ? » lance naïvement la pauvre enfant dont on veut espérer qu’elle ne mesure pas la portée de son apostrophe, « C’est pour la guenon ! » Et le cercle de famille d’applaudir à grands cris ce trait d’esprit.

Cette semaine, l’hebdomadaire Minute dont l’orientation politique et le tirage modeste, malgré des informations parfois exclusives, lui valent depuis des années d’être interdit de revue de presse, consacre à la même Christiane Taubira une « Une » d’un goût plus que douteux (bien qu’elle n’aille pas aussi loin, et c’est peu dire, que les caricatures obscènes et les provocations en tout genre dont notre confrère Charlie Hebdo est coutumier, en toute impunité). La gardienne des Sceaux de la République, « maligne comme un singe », y est-il dit (ha ! ha !), « retrouve la banane » (ha ! ha !). Aussitôt, sirènes d’alarme, tocsin, tollé, la cour et la ville font chorus et crient haro sur un baudet qui ne s’attendait pas à une telle publicité.

Le rôle joué par Christiane Taubira lors du grand débat sur le « mariage pour tous » explique l’animosité dont celle-ci est l’objet dans une large portion de l’opinion publique. Il ne saurait justifier la bassesse, voire, tranchons le mot, l’ignominie d’agressions qui vont au-delà de ce qui est tolérable, d’insinuations ou de plaisanteries qui se situent au-dessous de la ceinture. Agressions, insinuations et plaisanteries, il faut le souligner, unanimement condamnées, d’un bout à l’autre de l’éventail politique.

Mais ces trois exemples isolés ne justifient pas davantage l’appel à la mobilisation générale trompetté par un gouvernement aux abois, des médias aux ordres et des associations qui attendent de la loi et des tribunaux qu’ils restreignent, qu’ils sanctionnent, qu’ils amputent jour après jour la liberté d’expression. Ils ne justifient pas que le Premier ministre ait saisi le parquet et étudie, comme au temps de Charles X et de Polignac, la possibilité d’agir contre la diffusion d’un journal. Ils ne justifient pas l’ouverture annoncée à son de trompe d’une véritable chasse aux sorcières. Ils ne justifient pas que l’on parle d’une renaissance et d’une propagation du racisme, comme si l’immonde avait repris du poil de la bête, alors que les réactions suscitées par les trois bavures ci-dessus évoquées montrent bien qu’en France, en 2013, ce genre d’attitude, de propos et de presse n’a pas droit de cité.

Parce que quelques dizaines de manifestants égarés par la passion ont été incapables de distinguer en un jour de commémoration et d’union nationales entre l’homme qu’ils ont le droit de contester, voire de détester, et une cérémonie qui n’appelle que le silence et le respect, parce qu’ils ont hué et sifflé François Hollande en une occasion où, en dehors de toute considération partisane, le président de la République rendait l’hommage qui leur est dû à ceux qui sont morts pour la patrie, celui-ci, à peine à l’abri des murs de son palais, a cru pouvoir stigmatiser les « factieux » qui l’avaient outragé et donner le branle à une offensive concertée contre le prétendu retour des Ligues. Qui est naïf au point de gober cette fable ?

Sommes-nous en 1788, comme le disent certains ? En tout cas, nous ne sommes pas en 1934 ou 1940. Hurler au loup quand on a fait depuis longtemps la peau à celui-ci est la pitoyable ruse de mauvais bergers en gros sabots. « Le racisme ne passera pas ! », « Le fascisme ne passera pas ! » ? Il y a longtemps qu’ils sont passés, je veux dire qu’ils appartiennent au passé. L’opération de diversion tentée par un gouvernement aux abois aura l’effet qu’elle mérite. Elle fera, elle a déjà fait pschitt.

Source de l’article: http://www.bvoltaire.fr/dominiquejamet/racisme-loperation-de-diversion-deja-fait-pschitt,41255

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