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Le FN est présent au second tour dans deux cantons et pèse de son poids électoral dans les autres. Son leader, Jean-Marc de Lacoste-Lareymondie, sourit sous cape.

Excepté son secrétaire départemental Jean-Marc de Lacoste-Lareymondie sur le canton de Royan est où il affrontait Dominique Bussereau, pratiquement aucun des candidats du Front national n’a fait de vraie campagne en Charente-Maritime. Ni réunion publique, ni poignées de mains sur les marchés. Le plus souvent totalement inconnus sur le territoire où ils se présentaient, les petits soldats de Marine Le Pen ont continué leur activité habituelle comme si de rien n’était, comme si aucune élection n’avait lieu.

Seul leur nom sur une affiche et sur le bulletin électoral accréditait leur candidature. Et le résultat est là : 17,84 % pour Hélène de Cremiers à Aigrefeuille, 16,41 % pour Didier Fontaine à Marennes, 19,09 % pour Philippe de Bretagne à Royan ouest, 16,85 % (talonnant de 73 voix la candidate socialiste) pour Élise Somprou à Saint-Pierre-d’Oléron, 20,16 % pour Philippe Audibert à Saujon et, à tout seigneur tout honneur, 20,70 % pour Jean-Marc de Lacoste-Lareymondie sur Royan est.

Le projet de parc national

Des scores à décourager tous ces candidats de gauche comme de droite qui, depuis un mois, battent la campagne, serrent des mains, promettent, sourient, ont laissé de côté pour un temps leur métier ou leur famille et doivent, pour finir, se contenter d’un score à un chiffre. « Pour nous, il s’agissait d’une élection nationale. Nous l’avons dit clairement. C’est donc l’étiquette Front national qui primait. Pas question pour nous de rentrer dans les dossiers locaux », affirme sans ambiguïté Jean-Marc de Lacoste-Lareymondie.

« C’est le charme de Marine (Le Pen, NDLR) qui a joué », assure pour sa part Philippe de Bretagne, qui était en deuxième position derrière l’UMP Michel Servit pendant une bonne partie de la soirée de dimanche, le laissant rêver d’une présence au second tour jusqu’au dernier résultat. « Incontestablement, j’ai pris des voix à la gauche sur ce canton de Royan ouest… »

En Charente-Maritime, le Front national a donc bénéficié de l’effet Marine Le Pen mais également sans doute de l’absence de candidats Chasse pêche nature et traditions (CPNT), dans des secteurs où les fusils sont nombreux et les enjeux environnementaux très forts, comme le canton de Marennes.

C’est notamment l’opinion de Didier Quentin, le secrétaire départemental de l’UMP, qui déclarait hier matin que le tollé rural contre le projet de parc national dans le marais de Brouage avait sans doute apporté des voix au FN.

« C’est d’abord un vote de protestation. J’y vois plus un bras d’honneur qu’un bras levé », illustrait le député-maire de Royan, rappelant les consignes pour le second tour : « ni report Front national, ni report républicain ». En clair, dans les cantons comme Marennes où il ne reste qu’un socialiste et un Front national ne votez ni pour l’un, ni pour l’autre.

« C’est simple. L’UMP n’appelle pas à voter pour nous. Nous n’appellerons pas à voter pour l’UMP », répond dans la foulée Jean-Marc de Lacoste-Lareymondie qui participait hier à Paris au débriefing national de Marine Le Pen. « Pour moi, les choses sont claires. Nous n’avons rien en commun avec l’UMP ni avec le Parti socialiste. Nous n’avons pas les mêmes valeurs. Nous les renvoyons dos à dos ».

À partir de là, les électeurs du Front national au premier tour sont laissés libres de faire leur choix pour le second tour ou de n’en faire aucun.

Et dans certains cantons où la situation reste très floue parce que l’addition des voix de la droite classique et de la gauche comme à Montlieu-la-Garde ou Rochefort (nord et sud) flirte avec l’égalité parfaite, le poids des élections frontistes sera décisif.

C’est sans doute ce qui fait particulièrement sourire Jean-Marc de Lacoste-Lareymondie, plutôt satisfait de son score personnel : « Je pense que j’ai prouvé à M Bussereau que je ne suis pas un candidat virtuel ou inexistant, comme il l’a dit avec mépris durant cette campagne ».

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