Une monnaie commune, késacoFédération Front National de Charente-Maritime FN 17


Jean Richard Sulzer Une monnaie commune, késaco

bruno lemaire 300x271 Une monnaie commune, késaco
Tribune libre de Bruno Lemaire, Professeur émérite HEC et Jean-Richard Sulzer professeur à l’Université Paris-Dauphine (Paris-IX) et conseiller Économie, Budget, Fiscalité de la campagne de Marine Le PenNos adversaires, à force de nous copier, ne savent plus où donner de la tête. Du coup, ils s’efforcent, de plus, de déformer nos propositions, en particulier dans le domaine monétaire.

Avant l’Euro, monnaie unique, il y avait l’Ecu, monnaie commune, et des monnaies nationales. Cet Ecu était aussi une monnaie virtuelle, puisque aucun billet n’a jamais été imprimé en cette unité de compte, aucune pièce n’a jamais non plus été fondue à cet effet.

Mais revenons sur le seul concept de monnaie commune. Imaginons un fromage cylindrique (Camembert, Brie, Tome, ce que vous voulez). Une monnaie commune, c’est ce type de fromage, avec des parts de taille différente, et de prix unitaire différent : la taille des parts, c’est le poids relatif des économies nationales, près de 30 % pour l’Allemagne, 21 % pour la France.

Le prix unitaire du fromage – on parle de parité lorsqu’il s’agit de monnaies – est par exemple de 1.17 dollar.  Entre 1999 et 2002, au moment de la transformation de l’Ecu, monnaie commune, en euro, monnaie unique, le prix unitaire de l’Ecu, du fromage commun Ecu, a varié autour de 1.17 dollar, prix unitaire ou parité que l’on a retenu  pour le passage à l’euro.

A l’intérieur de ce fromage commun, chaque monnaie nationale avait une certaine parité, un certain prix unitaire : l’Ecu valait 6,56 francs 1999, 2 Mark 1999, etc.

On a décidé qu’il ne fallait plus faire référence à ces anciennes parités, que le prix de toute portion du fromage commun, devenu unique, devait être exprimé en une même unité, l’euro.

Cela aurait pu marcher, cela a échoué. Ainsi, dès 2006, il était devenu évident que ce que certains appellent la parité du pouvoir d’achat, par exemple entre l’Allemagne et la Grèce, était telle que l’euro-allemand, si l’on peut dire était trop faible, trop peu cher, par rapport à l’euro -grec, beaucoup trop surévalué. Cette différence, à cette époque déjà de l’ordre de 20 %, atteignait presque 65 % fin 2011, d’après l’analyse du groupe Nomura (dit autrement, il faudrait déprécier la drachme d’un facteur 3 par rapport à l’euro-allemand). C’est d’ailleurs presque cette dépréciation des dettes qui a été retenue dans le dernier et n-ième plan de sauvetage de la Grèce. Mais en restant dans l’Euro, monnaie unique, avec cette parité, la Grèce n’a aucune chance, par rapport à la Turquie toute proche, de vendre son huile d’Olive ou d’attirer des touristes, deux de ses principales ressources pourtant.

Retour vers le futur

Mais peut-on revenir en arrière, peut-on déconstruire ce fromage unique, cette monnaie unique, pour retrouver le goût – c’est-à-dire la véritable compétitivité – de chaque Nation constitutive de la zone Euro, qui deviendrait, ou redeviendrait, une zone Ecu, ou une zone Euro monnaie commune, et non euro monnaie unique ?

Nécessité faisant loi, il faut le faire, d’une manière ou d’une autre, puisque même si l’on peut maintenir l’Euro sous perfusion, à l’aide d’injections monétaires de plus en plus fréquentes provenant de la BCE, le maintien de cette monnaie unique n’a aucun sens économique à moyen ou long terme : nous l’avons vu pour la Grèce vis-à-vis de l’Allemagne.

Sauver nos retraités et nos épargnants.

Mais ceci est vrai dès que la parité fixe rendue obligatoire, par construction, dans le cadre d’une monnaie unique, empêche tout ajustement autre que par une compression, parfois intolérable, des coûts de production, risquant de se faire au détriment des plus faibles ou des moins bien armés dans la compétition internationale que les tenants du libre-échange veulent de plus en plus débridée et dérégulée.

En outre, nos banques et autres institutions financières ont déjà beaucoup perdu dans leurs prêts à des pays de l’Europe du sud. Elles ne peuvent donc rester solvables que grâce des prêts massifs octroyés par la Banque Centrale Européenne (de 500 à 1000 milliards d’euros à terme). Cette injection massive de monnaie de singe par la planche à billets d’euros ne pourra à terme que générer de l’inflation. Or, une hausse vertigineuse des prix risque de ruiner rapidement les retraités et les épargnants français : d’où leurs craintes, qui ne sont pas infondées.

Comment déconstruire l’euro ?

Que faudrait-il donc faire ? Le procédé est simple, pour la France comme pour toute autre nation qui voudrait procéder ainsi. Considérer que l’Euro actuel n’est plus qu’une enveloppe vide, et se fonder sur l’analyse des véritables compétitivités des nations sous-jacentes pour émettre une monnaie nationale, tout en la laissant rattachée à une monnaie, Euro ou Ecu, mais qui ne serait plus que ‘commune’.

L’Euro ou Ecu, monnaie commune, a un prix unitaire, une parité, égale à 1.15 pour un dollar (très proche de ce qui avait été décidé pour l’Euro au moment de son lancement). C’est aussi, peu ou prou, la valeur relative du franc2012 – ou eurofranc, peu importe – par rapport au dollar. Cette évaluation intègre, d’après le groupe d’analystes Nomura, à la fois la puissance économique réelle de la France et le niveau général de ses prix – on retrouve ici aussi la PPA (parité du pouvoir d’achat) – compte tenu aussi de sa balance commerciale déficitaire.

Certes, d’un point de vue purement théorique, puisque la valeur d’une monnaie est relative, on aurait pu prendre la parité que l’on voulait, 1 franc2012 pour 10 euros, 20 euros, 100 euros. Mais d’un point de vue pratique, et pour faciliter le passage à notre monnaie nationale,  ce qui évitera toute valse des étiquettes, toutes les « erreurs d’arrondis » – volontaires ou non – le choix le plus simple est de prendre la parité un franc2012 = un euro, ou un écu.

Cela peut être fait presque instantanément : il suffit d’émettre, en sus des chéquiers actuels libellés en euros, des chéquiers libellés en francs. Même chose pour les cartes bancaires… Pour les billets ou les pièces, il faudra un peu plus de temps, mais il suffirait d’admettre que, pendant une période transitoire, on puisse payer indifféremment en euros ou en francs2012.

Cela implique que, pour les commerçants comme pour les consommateurs, il n’y aura donc aucun changement, que ce soit dans les systèmes informatiques ou dans les porte-monnaies. Un franc2012, un franc libéré (du carcan de la zone Euro décidée par Bruxelles), vaudra un euro.

Eviter le désastre

D’un point de vue plus précis, le passage au franc2012 sur la base de 1F2012 = 1 € évitera la rupture des signes monétaires. Les logiciels des entreprises et des banques peuvent basculer en un week-end (il n’y a quasiment rien à faire pour cela).

Nos concitoyens pourront donc faire leur marché dès le lundi suivant l’instauration du franc2012 sans rien changer à leurs habitudes, sans changement de leur pouvoir d’achat, en payant avec leur carte bleue, ou leurs anciens chéquiers libellés en euros, et qui seront réputés être valorisés en francs.

Pour les autres pays appartenant, ou non, à la zone euro, ils pourront faire le même choix : rattacher leur monnaie nationale à une monnaie commune, l’Euro ou l’Ecu nouvelle formule, en décidant de la parité qui leur conviendrait le mieux, pour des raisons à la fois techniques et pratiques. On a envisagé que la drachme grecque vaille 0.4 euro, mais ce sera leur choix. Pour la nouvelle lire espagnole, ce pourrait être 0,7 euro, mais là encore ce sera leur choix.

Dans chaque pays ainsi concerné, il y aura donc éventuellement double étiquetage pendant un certain temps  (en France 1 pour 1, donc cette nécessité n’existerait pas).

A la limite d’ailleurs, ce double étiquetage pourrait devenir permanent. Ceci permettrait de comparer deux sites d’ E commerce, l’un français et l’autre néerlandais. Et notre carte bleue fonctionnerait soit en francs sur le territoire français, soit en euros une fois passée la frontière belge par exemple ; et le tout sans frais de change.

L’avantage de ce nouveau système monétaire européen, ce sera de reposer à la fois sur des monnaies nationales et sur une monnaie européenne commune, conservant donc une certaine coopération entre les nations, mais sans constituer le carcan d’une monnaie unique, carcan qui interdit toute politique économique souveraine, qui interdit toute politique budgétaire ou monétaire adaptée aux spécificités sociales et politiques d’une nation donnée.

La Suède et la Grande-Bretagne ont refusé de s’engager dans l’impasse de l’Euro, monnaie unique. Mais ces pays pourraient fort bien nous rejoindre dans le contexte d’un système monétaire européen élargi, celui d’une monnaie commune, dans lequel les monnaies nationales, à parité fixe (déterminée en fonction des possibilités respectives de chaque pays, fixe mais ajustable en fonction de l’évolution des compétitivités respectives) retrouveraient le rôle qu’elles n’auraient jamais du cesser d’avoir. Pourquoi ne pas imaginer que des pays n’appartenant pas encore à l’Union européenne puissent nous rejoindre aussi, comme l’Ukraine par exemple, ce qui serait impensable dans le cadre du carcan d’une monnaie unique.

Alors, quel avenir pour l’Euro ? En quelques mois, donc à court-moyen terme, il peut être remplacé par une monnaie commune, cela ne dépend que de nous, et de notre volonté politique de rebâtir une Europe des Nations, en sortant de l’impasse d’une Europe supranationale, ultra-fédéraliste, ouverte à tous vents.

Source de l’article: http://www.nationspresse.info/?p=164229

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